Il y a sept ans

Il y a sept ans, j’accouchais du soleil, comme d’autres gagnent au loto.

Tout le monde dit que sept ans, c’est l’âge de raison.
Force est de constater que la raison n’a pas conduit l’humanité à un endroit très chouette.
Alors on a décidé que sept ans, serait l’âge de l’imagination.

Celui que je nomme Dubitchou est une émerveilleuse petite personne.
Il est rebond, blague, coquinerie, gourmandise.
Il est connaissance encyclopédique du pokedex, cabane à hérisson, sortilèges d’Harry Potter…
Il est “avec Théodore on travaille un projet de fusée propulsé à l’eau” (avec un ton très sérieux).
Il lit comme il respire. Il apprend l’occitan, connait les noms vernaculaires de presque tout ce que la création fait d’êtres vivants, les mythes et les légendes de toutes les civilisations qui l’entourent et de celles qui l’ont précédées.
Il cite Badinter au petit-déj.
Il est “j’ai envie qu’on crée tous les deux aujourd’hui”,
“on joue au petit animal abandonné”,
“je me souviens comment c’était avant ma naissance, à la source des sources”…
Il a récemment décidé de ne plus se couper les cheveux, ça lui donne un air fou qui me fait rire.
Il dit qu’il faudrait capturer Trump.
Et quand je lui réponds qu’un autre identique prendrait sa place, il me dit, laconiquement : « oui, mais ça ferait déjà un méchant de moins sur terre ».

Il est mon petit dernier, celui qui jouit de l’amour du dernier élan, de la maturité et de la liberté acquises par ses aîné·e·s.

Il est blond aux yeux bleus comme je suis brune, il est ce qu'il veut.

Je ne pensais pas qu’un si petit corps pouvait contenir à la fois autant de sagesse et de joie.
Je ne pensais pas que l’enfance puisse être aussi belle.
Je ne pensais pas expérimenter un jour quelque chose d’aussi pur que sa présence.

Il est bien plus mon inspiration que mon enfant.

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J’avais 17 ans