D'OÙ JE PARLE
J’ai été une petite fille née à Paris, dans un milieu bourgeois et une famille dysfonctionnelle.
Et un corps façonné par la violence.
J’ai été une adolescente écorchée, placée à l’Aide sociale à l’enfance.
J’ai été une jeune femme ambitieuse qui assumait très tôt des responsabilités importantes.
Puis une idéaliste qui a tout quitté pour voyager, vivre dans des communautés autogérées et s’expatrier au Brésil.
J’ai été une jeune mère célibataire qui reprenait ses études après la naissance de ses enfants, obtenait un master en management et se formait à l’intelligence collective.
J’ai été une femme qui occupait des postes de management et de direction et accompagnait des équipes confrontées à des transformations profondes.
Une femme qui, à l’approche de la quarantaine, ne pouvait plus tenir secrets ses rêves d’écriture.
Aujourd’hui, j’accompagne des personnes et des organisations qui se trouvent dans ces moments où les repères changent et où les anciens récits ne suffisent plus.
Je suis aussi autrice. Dans Mes pieds nus frappent le sol, j’explore la mémoire, la reconstruction et la manière dont on se réapproprie son histoire.
Je mets mon écriture au service de celles et ceux qui cherchent des mots pour dire ce qui les habite.
C’est là que j’ai trouvé la façon la plus sincère d’habiter mon existence..
Comme d’autres enfants ayant connu la violence, j’ai développé très tôt
une hypersensibilité, une acuité à lire et analyser les situations humaines,et cultivé l'art de percevoir les plus fines traces de lumière et d’espoir dans les moments d’obscurité.
Puis j’ai appris à transformer ce qui est né dans l’adversité pour en faire mon métier.
PARCOURS ET QUALIFICATIONS
J’ai passé vingt ans dans des organisations très différentes : entreprises, associations, collectifs en transition.
J’y ai appris à entendre ce qui traverse un groupe avant même qu’il ne puisse le formuler.
À poser les questions qui permettent à quelque chose de se clarifier.
J’ai un Master 2 en Global Management à l’université Paris-Dauphine.
J’ai ensuite cherché ailleurs ce que les grandes écoles enseignent peu : la gouvernance partagée, l’intelligence collective, la communication non violente, la facilitation.
Au Brésil, une formation en permaculture m’a appris à observer les systèmes relationnels, à travailler avec ce qui est déjà là et à favoriser les dynamiques du vivant plutôt que les logiques de contrôle.
Puis je me suis formée aux pratiques narratives. J’y ai reconnu une façon d’être au monde, avant d’y trouver une méthode. Un trait d’union.
Accompagner et écrire ne sont pas deux vies séparées, elles prennent leur source dans une même vocation : percevoir ce qui cherche à se dire, trouver les mots pour le faire exister et ouvrir d’autres possibles, plus justes et désirables que ceux des récits dominants.
En chemin, j’ai acquis quelques convictions qui guident la façon dont je travaille aujourd'hui.
Faire de la coopération une force concrète, capable de transformer les situations.
Nommer les rapports de pouvoir, les places asymétriques et leurs effets sur les personnes.
Redonner leur place aux histoires minorées, invisibilisées ou empêchées.
Travailler avec ce qui circule sous la surface : les émotions, le sensible, les récits et le symbolique, l’invisible et les silences.
Chercher des manières d’agir qui ne reposent ni sur l’épuisement des personnes ni sur celui des ressources communes et favoriser la restauration du vivant.
J’ai connu des chutes, des fracas et des recommencements.
Peut-être est-ce pour cela qu’aujourd’hui, j’accompagne les moments où les trajectoires changent.